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Technique et Science Informatiques

0752-4072
Revue des sciences et technologies de l'information
 

 ARTICLE VOL 25/4 - 2006  - pp.407-408
TITRE
Éditorial

RÉSUMÉ
Le traitement numérique et la mise en réseau transforment en profondeur les relations aux documents des individus, des communautés et des sociétés. Cette évolution est amorcée depuis longtemps : la construction de bases de données, les outils de calcul et de traitement automatique de la langue, puis la réalisation de documents numériquement natifs et leur mise en réseaux, et enfin l’interopérabilité généralisée par le web en constituent quelques moments significatifs. Demain, le passage du web hypertextuel au web sémantique pourrait marquer une étape supplémentaire, comparable au passage, il y a une cinquantaine d’années dans les milieux documentaires, d’une science des bibliothèques à une science de l’information. Dans cette perspective, il est essentiel de s’interroger à la fois sur les outils à construire, sur les modalités de leur construction et sur les conséquences de leur utilisation. L’effort de recherche doit porter sur les documents eux-mêmes (structures, évolutivité, collection, etc.), sur les médiations (techniques : métadonnées, moteurs ; sémantiques : terminologies, ontologies, thesaurus... et sociales : édition, bibliothèques, documentation...) et sur leurs relations avec l’activité humaine et ses limites (navigation, annotation, recherche documentaire et utilité, construction sociale des normes, valeur ajoutée et rémunérations...). Il est important d’encourager le croisement des apports des sciences de l’ingénieur (dans la conception des systèmes et outils), de la linguistique et l’ingénierie des connaissances (analyse de textes, construction de terminologies et multilinguisme), des sciences cognitives (construction du sens), et des sciences de l’information (construction des modèles sociaux). Si on s’intéresse au document numérique, une question majeure est évidemment celle de l’accès au contenu du document numérique, autrement dit l’information (au sens le plus large) qu’il contient. Comment décrire ce contenu, et dans une certaine mesure l’analyser, au moins partiellement, soit en vue de traitements informatiques ultérieurs, soit tout simplement pour mieux élaborer sa présentation à l’utilisateur ? La problématique déjà ancienne de la recherche documentaire (RD), qui permet de situer grossièrement un document par rapport à un ensemble de descripteurs, répond partiellement à cet objectif ; elle le fait en général en repérant des formes lexicales (mots ou termes) sur lesquelles elle opère certains traitements numériques. Mais un horizon beaucoup plus vaste se dessine aujourd’hui, dans lequel on parle d’extraction et de filtrage d’informations ou de connaissances, de résumé automatique (de textes ou d’oeuvres musicales ou vidéo), dans une perspective de simple prise de connaissance mais aussi de recomposition de contenus en vue de créer de nouveaux documents ou oeuvres, etc. En même temps, les formats de description du web sémantique permettent d’exprimer des métadonnées et de manière générale des métadescriptions avec l’ambition de rendre ces contenus effectivement repérables, accessibles et exploitables par des logiciels. Ces formats permettent aussi de relier ces ressources, donc indirectement leur contenu, par des liens plus riches sémantiquement. Ces nouveaux objectifs supposent une analyse toujours plus fine et complexe des différents éléments de forme et de contenu : des dominances thématiques dans les différentes parties d’un texte, aussi bien que de couleurs, de texture, etc. dans une image ; des motifs syntaxico-sémantiques dans le texte, picturaux dans une image, musicaux dans un document audio ; des structures discursives, des ruptures délimitant les développements d’un écrit ou des séquences vidéo et audio, etc. La vieille dialectique de la forme et du contenu réapparaît ainsi dans une perspective technologique entièrement nouvelle. Enfin, en devenant électronique, le document devient nouvel objet technique au cours de ses cycles de vie et fait émerger de nouveaux usages. Ce couplage sociotechnique peut être appréhendé au sein d’organisations plus ou moins fermées (sphères d’activité, document métier) comme au sein de communautés ouvertes (web/utilisateurs). La manipulation du document électronique nécessite l’appropriation des outils et interfaces de diffusion conduisant à une mutation des métiers dans leurs dimensions juridiques et économiques. Ces thèmes de recherche ne sont autres que ceux de la semaine du document numérique, manifestation tout à fait exceptionnelle qui a regroupé à La Rochelle en juin 2004, 20 manifestations scientifiques portant sur l’objet « Document numérique ». Il s’agissait là d’une volonté du réseau thématique pluridisciplinaire document du département STIC du CNRS de fédérer les activités portant sur le document en France et dans le monde francophone autour de manifestations (conférences, workshop, journées, ateliers…) en un même lieu, sur une semaine. L’objectif était avant tout de faire se rencontrer des communautés scientifiques travaillant sur un même objet dans des disciplines scientifiques diverses : informaticiens, historiens, linguistes, cogniticiens, pédagogues… ont participé à cette manifestation. Document numérique regroupe plusieurs problématiques centrées sur les méthodes informatiques et abordées lors de la SDN, qu’il s’agisse de documents textuels, audiovisuels, ou même images. Les articles proposent des méthodes d’analyse du contenu, de leur traitement pour donner sens, ou même de la représentation de ces données afin d’envisager leur visualisation. Il ne s’agit là que d’un petit échantillon montrant l’étendue des problématiques scientifiques associées à cet objet. Le document numérique se trouve aujourd’hui dans notre quotidien analysé par les moteurs de recherche, indexé dans les grandes bases documentaires, ou même reformaté pour être visualisé sur l’impressionnante diversité des terminaux graphiques. Ce numéro spécial aborde quelques-uns de ces aspects, qu’il soit présenté par typologie de documents, ou même par classe de traitements.

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